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16 mai 1843 - Prise de la smala d'Abd el-Kader

 
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abdelrahmane
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MessagePosté le: Mer 13 Sep - 21:41 (2017)    Sujet du message: 16 mai 1843 - Prise de la smala d'Abd el-Kader Répondre en citant

16 mai 1843 - Prise de la smala d'Abd el-Kader



https://www.histoire-image.org/sites/default/ben35_vernet_001f.jpg

II faut évoquer rapidement la prise de la smala et d'abord préciser la composition et l'installation de celle-ci quand le terrain lui permettait de s'organiser librement. Le dessin qui en a été fait d'après les renseignements fournis par le colonel Daumas, alors directeur des affaires arabes à Alger, est sans doute trop régulier et trop schématique, mais il permet de situer l'emplacement relatif des principaux chefs (avec leurs familles) et des divers groupes qui furent débordés ou enfoncés par la cavalerie française.
On distingue très nettement quatre enceintes. La première, qui entoure le "Douar de l'Emir" est constituée par les tentes dépendant de quatre grands notables dont le premier secrétaire de l'Emir, Bel Qrazouby (ou plus couramment, à l'époque même, Bel Kharoubi). Dans la seconde nous relevons notamment l'étendard de Mohamed ben Aallal ben Embarek (ou Allai ben M'barek), ex-khalifa de Miliana. La troisième rassemble les gens de la tribu de l'Emir, celle des Hachem : ici, d'après l'orientation du croquis, on trouve à l'Est les Hachem Guerraba (ou Gharaba) et, à l'Ouest, les Hachem Chéraga. La quatrième enceinte rassemble des tribus du Sud, en particulier de la haute plaine du Sèrsou.
Au total, suivant Pellissier de Reynaud, cette capitale ambulante formait un ensemble de plus de 300 douars présentant une population dépassant 20 000 âmes dont 5 000 guerriers.
En mai 1843, Abd el-Kader était occupé vers Tagdempt à surveiller les mouvements de La Moricière qui opérait dans la région où il venait de fonder le poste de Tiaret. La smala était établie dans le haut Chélif, à proximité de la source de Taguin, à moins de 100 km au sud de Boghar où le duc d'Aumale avait constitué un dépôt considérable. Il en était parti le 10 mai, renseigné notamment par le caïd des Ouled Ayad (région de Teniet el-Had), Ahmeur ben Ferhat, qui avait rallié la cause française en 1842. La colonne française comprenait 1 300 fantassins, 600 cavaliers et un convoi de 800 chameaux et mulets, mais elle s'était scindée en deux puis en trois corps et c'est seulement avec 500 cavaliers que le duc d'Aumale attaqua l'immense campement. Bénéficiant de la surprise, accrue encore par les burnous rouges des spahis qui firent croire un moment au retour des irréguliers d'Abd el-Kader, le succès des assaillants fut complet : "Le lieutenant-colonel Morris chargea à droite avec les chasseurs ; le colonel Yousouf à gauche avec les spahis et le prince se porta sur le centre avec une petite réserve.
On aurait de la peine à se faire une juste idée de la confusion qui régna pendant une heure au milieu de cette foule surprise ainsi au sein de la plus profonde sécurité. Les guerriers ennemis n'ayant pas eu le temps de se réunir furent réduits à se défendre individuellement dans l'intérieur même du camp. Les cris des femmes, les pleurs des enfants, le bruit des armes de tant de combats individuels, remplissaient l'air d'un horrible fracas, au milieu duquel se perdait la voix des chefs. Enfin les assaillants étant trop nombreux pour tout prendre, firent une coupure dans cette ville ambulante, chassèrent devant eux la partie qu'ils avaient séparée de la masse, et laissèrent fuir le reste . . ." (Pellissier de Reynaud). Il faudra tout l'art d'Horace Vernet pour rendre "cette scène unique et presque inconcevable de délire" (Ch-H. Churchill).
Les pertes au combat s'établissaient à 300 guerriers arabes tués pour 9 tués et 12 blessés dans les soldats français. Le butin fut immense car toutes les richesses d'Abd el-Kader et celles de ses khalifas étaient déposées à la Smala.

Le 16 mai 1843, le Duc d’Aumale, fils du Roi Louis-Philippe, s’empare en l’absence de l’émir de son pilier stratégique : sa capitale mobile, la smala. A elle seule, symbolisant la volonté de renouer avec le nomadisme et d’échapper plus facilement à l’ennemi. Un ordre implacable y règne. Chacun est à sa place et la connaît dans un enchevêtrement de cercles emboîtés selon un ordre cosmogonique. Cette nuit-là, cette capitale de 60 000 âmes disparaît. “Si je me trouvais là, nous aurions combattu pour nos femmes, nos enfants (…). Mais Dieu ne l’a pas voulu, je n’ai appris ce malheur que trois jours -après ; il était trop tard.”. Sa bibliothèque chérie de plusieurs milliers de livres est intégralement brûlée. Bugeaud fut sans pitié, brûlant, pillant, tuant les populations civiles. En bon professionnel, il ne rechigne pas à reconnaître la grandeur de son adversaire : “C’est une espèce de prophète, il est pâle et ressemble assez au portrait qu’on a donné au Christ … On peut dire à l’honneur d’Abdelkader que jamais grande insurrection n’avait été mieux préparée et mieux exécutée”.


Composition et installation de la Smala quand le terrain lui permettait de camper d'après la formation adoptée par l'émir Abd el-Kader

http://www.babzman.com/wp-content/uploads/2014/05/smala.jpg

Voici comment l'Emir la décrivait : "Ma Smala comprenait des armuriers, des selliers, des tailleurs, en fait tous les métiers nécessaires à son organisation. Il s'y tenait un immense marché fréquenté par les Arabes du Tell. Quant à notre grain, blé ou orge, il nous était apporté, à moins que nous le fissions venir des tribus du nord. Le tracé du campement était parfaitement réglé. Quand j'avais planté ma tente, chacun savait la place qu'il devait occuper. Autour de moi, j'avais trois ou quatre cents soldats de mon infanterie régulière, et la cavalerie irrégulière des Hachems des Eghris, qui m'étaient particulièrement dévoués. Ce n'était pas une petite affaire que d'arriver jusqu'à moi. Non que je prisse des mesures pour ma sécurité personnelle. Je sentais que j'étais nécessaire pour accomplir l'œuvre de Dieu, et je me fiais à Lui pour fortifier et protéger le bras qui portait sa bannière."

ABD-EL-KADER SA VIE POLITIQUE ET MILITAIRE

« Le spectacle était invraisemblable. Imaginez, au milieu d’une plaine légèrement creusée où coulent les eux de la source de Taguine, arrosant un fin gazon, un campement s’étendant à perte de vue et renfermant toute une population occupée à dresser les tentes, au milieu des allées et venues d’innombrables troupeaux, de bêtes de toute espèce ; hommes, femmes, enfants, chevaux, mulets, moutons, de quoi remplir plusieurs escadres d’arches de Noé. C’était grandiose et terrifiant »

Mes souvenirs. T. 1, 1820-1851. - général Du Barail

La Smala

La nouvelle tactique de Bugeaud obligea Abd el-Kader à accroître encore sa mobilité. Tagdempt fut incendiée et toutes ses villes tombèrent les unes après les autres. Abd el-Kader conçut alors une nouvelle capitale mobile, avec deux objectifs : montrer sa puissance par sa présence massive aux tribus sur leur propre terrain et les habituer à la migration, renouant ainsi avec leur ancienne tradition. Un ordre implacable régnait dans l’organisation spatiale de cette ville nomade, ce qui garantissait la vitesse de son installation et de son déménagement. Elle était conçue comme une série de cercles emboîtés selon un agencement à la fois militaire et cosmogonique, d’inspiration soufie. Elle permettait de mettre à l’abri les familles des combattants et les blessés pendant que les cavaliers allaient très loin combattre les Français, mais aussi les membres et les biens des tribus qui se plaçaient sous la protection de l’émir. Cela explique le très grand nombre d’occupants, ordinairement entre 20 et 30 000 personnes, mais qui a pu atteindre 60 000, selon Abd el-Kader lui-même.
Le 16 mai 1843, par un coup de main audacieux, le duc d’Aumale, cinquième fils du roi Louis-Philippe, à la tête de 600 cavaliers, surprit la smala près du puits de Taguine, au sud ouest de Bougie, après une traque de plusieurs jours, et s’empara de la tente de l’émir, alors absent, fit prisonniers nombre de ses parents, dispersa ses manuscrits et pilla ses trésors. La mère, la femme et les enfants d’Abd el-Kader parvinrent toutefois à s’échapper. L’événement ne fut pas décisif, mais la propagande de la monarchie de Juillet en tira grand profit, au point d’en faire un des clichés de la conquête coloniale française pour le reste du siècle.


Entre Mascara et Tanger, depuis la tribu des Gharraba jusqu’au territoire marocain des Béni Iznassen, des cavaliers hauts en couleur se déplacent avec femmes, enfants et chameaux. La charge qui écrase les bêtes, la difficulté du chemin, l’imprévisibilité de l’ennemi et les caprices du climat alourdissaient l’avancée des combattants. Surgissant d’un paysage semi-désertique, se faufilant entre les ravins et les contreforts, ayant parfois pour seule nourriture des racines de plantes bouillies dans l’eau, les chevaliers de l’émir comptaient sur la hauteur du relief, la rapidité de leurs montures et leur connaissance des lieux.
Des scènes d’un incomparable réalisme truffent le récit de Laredj. C'est une ville, la smala, transportée à dos de bêtes et organisée selon un schémas de cercles concentriques soufi, invention de l'esprit mystique de son chef dont la tente occupe le centre. C'est un résistant qui transporte avec lui une population, un matériel de guerre, de la nourriture pour les chevaux et les hommes, mais aussi tout un matériel spirituel constitué de près de 500 livres. C’est Si Qadour Ben ‘Allal, l’un des plus vaillants lieutenants de l’émir, pris dans le piège que lui tendit le général Lamorcière, qui trouve en lui l’énergie du désespoir pour forcer la barrière de feu de l’envahisseur, emportant dans sa mort un haut gradé de l’armée d’occupation. C’est « l’enfumade » des habitants du Dahra par le général criminel Le Pellissier, qui mit le feu à l’entrée d’une grotte où la peur a rassemblé quelque 2000 habitants. C’est l’histoire de l’incroyable trahison de Moulay Abderrahmane (sultan du Maroc) et de son fils El ‘Agoun (l’Idiot), qui commandita une tentative d’assassinat de l’émir. C’est l’émir Abdelkader, cerné par 50 000 soldats marocains, et confronté à une impressionnante armée française, qui arrive à vaincre la première avec ses 1000 cavaliers et à passer entre les doigts de la seconde. Expérience unique dans l'Histoire, au double point de vue militaire et spirituel...




http://www.persee.fr/docAsPDF/remmm_0035-1474_1973_num_15_1_1260.pdf








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MessagePosté le: Mer 13 Sep - 21:41 (2017)    Sujet du message: Publicité

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