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Abou Saïd Abu-l-Kheir

 
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abdelrahmane
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MessagePosté le: Ven 6 Oct - 18:52 (2017)    Sujet du message: Abou Saïd Abu-l-Kheir Répondre en citant

Abou Saïd Abu-l-Kheir



Grand mystique et poète persan, Abû Sa’id Abu-l-Khayr est né en décembre 967 (Moharram 357) dans le village de Mehneh situé dans la province du Khorâssân de l’époque. Son père, qui était physicien et herboriste, faisait également preuve d’un vif intérêt pour le soufisme. Abû Sa’id Abu-l-Khayr apprit dès son plus jeune âge les sciences de son époque, la littérature arabe, et reçut une formation approfondie en théologie : il étudia tout d’abord le droit et la jurisprudence islamique durant plusieurs années auprès de l’Imam Abû ’Abdollah Hazari puis, après la mort de son maître, il poursuivit ses études de théologie auprès de l’Imam Abûbakr Qaffâl ou encore de l’Imam Zâher ibn Ahmad. Sa rencontre avec Loghmân Sarakhsi influa de manière décisive sur la suite de son existence : ce dernier l’introduisit auprès du maître soufi Abo-l-Fazl Mohammad Ibn Hassan Sarakhsi, qui lui enseigna les grands principes de sa congrégation mystique, à laquelle il s’affilia. Il se sépara ensuite de son maître et retourna dans son village d’origine pour se consacrer, durant les années qui suivirent, à de multiples exercices spirituels et mystiques. Il revint alors auprès de son maître, qui l’envoya chez un autre maître soufi de Neyshabour, de qui il reçut la kherqe, ou l’habit soufi. Il revint de nouveau à Mehneh où il décida de fonder une "voie" ou congrégation soufie (tariqah) caractérisée par sa modération, sa distance avec les préceptes enseignés par la philosophie, et sa volonté de conciliation entre vie spirituelle et vie en société, rejetant ainsi toute isolation et réclusion par rapport au "monde". Il fut notamment influencé par de grandes figures du soufisme telles que Bâyazid Bastâmi, Hallâj ou encore Sheikh Abo-l-Hassan Kharaqâni qui marqua profondément sa personnalité et ses écrits.
Abû Sa’id Abu-l-Khayr demeure l’une des figures les plus éminentes du soufisme en Islam. Il est l’auteur de nombreux poèmes et dictons en persan et en arabe, rédigés notamment sous formes de quatrains (robâ’i), dont il ne nous reste aujourd’hui que deux recueils : Asrâr al-Towhid (Les secrets de l’unification ou du monothéisme), composé de poèmes et citations rassemblés par l’un de ses petits-fils, Mohammad Ibn Monavvar, plus d’un siècle après son décès, et Hâlât va sokhanân-e Sheikh Abû Sa’id (Etats spirituels et discours d’Abû Sa’id) dont le contenu aurait été rassemblé par Kamal al-Din Mohammad, beau-frère de son petit-fils.
De par ses œuvres et son enseignement transmis de génération en génération au sein et hors de sa congrégation soufie, il contribua de façon décisive à l’enrichissement ainsi qu’à l’évolution de l’ensemble de la tradition soufie. Il fut l’un des premiers à utiliser des métaphores communément employées dans les poèmes d’amour pour décrire l’union mystique et la recherche de l’aimé en Dieu, le tout étant rédigé dans un style simple et dépourvu d’emphase. Il insiste notamment sur le "je" ou le "moi", seule cause, selon lui, de la séparation de l’homme par rapport à son Créateur et de tous les maux de sa vie terrestre.
A ce titre, selon certains récits biographiques, il ne se désignait lui-même jamais par la qualificatif "je", préférant l’emploi du "ils". Le dépouillement de l’égo est donc la thématique centrale de son œuvre. En outre, il insiste sur le fait que le rapprochement et l’union ultime avec le divin ne peut se réaliser qu’en suivant les conseils d’un maître spirituel et par l’intermédiaire de la grâce divine. Enfin, il considérait le soufisme comme étant la réalisation de la vraie signification de l’islam.
Abû Sa’id Abu-l-Khayr est connu pour être dans un état quasi-continu d’extase divine et pour avoir accompli plusieurs miracles. Son utilisation de poèmes et de métaphores basées sur le langage amoureux dans ses sermons en fit la cible de nombreux théologiens qui l’accusèrent de blasphème. Cependant, son immense popularité rendit sans effet ces critiques. Il a constitué une référence pour de nombreux mystiques après lui, parmi lesquels ’Attâr Neyshabouri. Il a rencontré les grands maîtres soufis de son temps, ainsi que les grandes figures scientifiques et philosophiques telles qu’Avicenne, avec qui il a entretenu une correspondance régulière.
Cette grande figure de la tradition soufie et mystique de l’islam est décédé durant le mois de janvier 1049 (Sha’bân 440) dans son village natal.

Extraits de Asrar at-tawhid, abordant sa conception du soufisme :
Le voile entre moi et Dieu n’est pas le monde, ni le trône divin ; c’est l’illusion du "je".
Passez au travers de vous-même et vous vous retrouverez auprès de lui.
L’illusion du "moi", le paradis n’est qu’absence du "je". L’enfer n’est qu’omniprésence du “moi”.
Si vous n’aspirez pas à sacrifier votre personne, ne perdez pas votre temps avec ces balivernes de soufis.
Le soufisme signifie fixer son regard sur l’Un et vivre à travers l’Un.
La signification du soufisme est de vous débarrasser de ce que vous avez dans la tête, d’utiliser avec parcimonie ce qui est entre vos mains, et de rester inébranlable face à tout ce qui peut vous arriver.
Avoir du ressentiment est une hérésie ; attribuer une chose à une autre cause que Dieu est une idolâtrie. Enfin, la joie est un devoir.


La vision du coeur

On demanda à Abû Sa'îd ibn Abi-l-Khatr : "Quand un homme est-il délivré des besoins ?"

"Quand Dieu l'en délivre ; ceci ne s'opère pas grâce aux efforts de l'homme, mais avec l'aide et la grâce de Dieu. Tout d'abord, Il produit en lui le désir de parvenir à ce but. Puis, Il lui ouvre la porte du repentir - tawba. Ensuite, Il le jette dans la mortification - mujâhada -, de telle sorte qu'il continue à lutter et, pour un temps, à se louer de ses efforts, pensant qu'il est en train de progresser et de réaliser quelque chose ; mais ensuite il tombe dans le désespoir et n'éprouve plus de joie. Alors, il sait que son oeuvre n'est pas pure, mais souillée, il se repent des actes de dévotion qu'il avait cru être les siens propres, et s'aperçoit qu'ils avaient été accomplis par la grâce et le secours divins, et qu'il était coupable d'associationnisme - shirk - en les attribuant à ses propres efforts. Quand ceci lui devient évident, un sentiment de joie pénètre dans son coeur. Alors Dieu lui ouvre la porte de la certitude - yaqîn - de sorte que pendant un temps il prend n'importe quoi de quiconque et accepte l'insolence et endure l'abaissement et sait avec certitude par Qui cela est produit, et le doute à ce sujet est écarté de son coeur. Alors Dieu lui ouvre la porte de l'amour - mahabba -, et ici aussi l'égoïsme apparaît pendant un temps, et il est exposé au blâme - malâma - : ce qui signifie que, dans son amour pour Dieu, il affronte sans crainte tout ce qui peut lui arriver et ne prend pas garde aux reproches ; mais il pense encore : "j'aime", et ne trouve pas de repos avant de s'apercevoir que c'est Dieu qui l'aime et qui le maintient dans cet état d'amour, et que c'est là le résultat de l'amour et de la grâce de Dieu, et non de ses propres efforts. Alors, Dieu lui ouvre la porte de l'unité - tawhid - et fait qu'il comprend que toute action dépend de Dieu le Tout-Puissant. Alors, il voit que tout est Lui, que tout est fait par Lui, et que tout est à Lui ; qu'Il a donné à Ses créatures cet amour-propre afin de les mettre à l'épreuve, et que c'est Lui qui, dans Son omnipotence, veut qu'elles s'en tiennent à cette fausse opinion, parce que l'omnipotence est Son attribut, de sorte que lorsqu'elles considèrent Ses attributs elles savent qu'Il est le Seigneur. Ce qu'il savait auparavant par ouï-dire lui devient à présent connu intuitivement, tandis qu'il contemple les oeuvres de Dieu. Alors il reconnaît entièrement qu'il n'a pas le droit de dire "je" ou "mon". A ce degré, il contemple sa misère ; les désirs l'abandonnent et il devient libre et tranquille. Il souhaite ce que Dieu souhaite ; ses propres souhaits ont disparu, il est délivré de ses besoins et s'est acquis la paix et la joie dans les deux mondes... D'abord, l'action est nécessaire, puis la connaissance, afin que tu puisses savoir que tu ne sais rien et que tu n'es rien. Ceci n'est pas facile à savoir. C'est une chose qui ne peut être enseignée vraiment, ni cousue avec une aiguille ou attachée avec un fil. C'est un don de Dieu.

La vision du coeur est ce qui compte, non la parole de la langue. Tu ne t'échapperas jamais à ton moi - nafs - avoir de l'avoir tué. Dire "Il n'y a de Dieu sinon Dieu" ne suffit pas. La plupart de ceux qui prononcent verbalement la profession de foi sont des polythéistes dans leur coeur, et le polythéisme est le seul péché impardonnable. Le corps tout entier est plein de doute et de polythéisme. Il faut que tu les chasses afin d'être en paix. Tant que tu ne renonceras pas à ton "moi", tu ne croiras jamais en Dieu. Ton "moi", qui te garde éloigné de Dieu et te fait dire : "Un tel a mal agi à mon égard, un tel a bien agi", met l'accent sur la créature ; et tout ceci est du polythéisme. Rien ne dépend des créatures, tout dépend du Créateur. Il faut que tu saches et proclames cela, et, l'ayant proclamé, tu dois rester rester ferme. Rester ferme - istiqâma - signifie que lorsque tu as dit "Un", tu ne dois plus jamais dire "deux"... Demeurer ferme consiste en ceci : quand tu as dit "Dieu", tu ne dois plus parler ou avoir la pensée des choses créées, comme si elles n'existaient pas... Aime Celui qui ne cesse pas d'être lorsque toi tu cesses afin d'être tel que tu ne cesseras jamais d'être.


Abû Sa'id Abi l-Khayr raconte qu'un jour un matérialiste rendit visite au cercle de Abû l-Husayn Nuri, alors qu'une discussion était en cours sur le thème de la pureté de Dieu en tant que Vérité, comme le disent les soufis. Il y était soutenu que les hommes invoquent dieu d'un nom différent selon leurs points de vue. Pour certains, il est le tout-clément (ar-Rahman), leurs fournissant leur pain quotidien.
Pour ceux qui aspirent au paradis, il est le miséricordieux (ar-Rahim). Pour ceux qui cherchent a obtenir des stations, il est le Roi (al-Malik).
Chaque personne le voit selon ses propres besoins.
Les soufis l'appellent la Vérité (al-Haqq), car ils ne font ni ne contemplent rien sans Lui.
Ils purifient ainsi leur discours en prononçant "Haqq!".
Apres que le matérialiste eu entendu cette explication, il demanda à Nuri, "mais que voulez-vous dire lorsque vous dites 'Haqq' ?".
Le maître répondit: "C'est pour reconnaître que bien qu'Il soit en rapport avec toute sorte d'êtres humains, Il n'en reste pas moins pure et immaculé"
(Asrar at-tawhid).

Anthologie du soufisme

اسرار التوحید فی مقامات الشیخ ابی سعید






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MessagePosté le: Ven 6 Oct - 18:52 (2017)    Sujet du message: Publicité

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