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De l’Arabie pré-saoudite

 
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abdelrahmane
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MessagePosté le: Sam 28 Oct - 16:04 (2017)    Sujet du message: De l’Arabie pré-saoudite Répondre en citant

De l’Arabie pré-saoudite

Aujourd’hui, l’Arabie Saoudite fête ses 85 ans. On en dit et sait des choses, mais si son actualité nous est familière, on connaît néanmoins moins souvent les étapes ayant amorcé la naissance du royaume. Des étapes qui peuvent être résumées au nombre de 3. En voici un concis résumé de la 1ère.

L’épopée démarre en 1158 de l’hégire (1745). Avant cette date, l’Arabie, en dehors des 2 lieux saints, est comme laissée à l’abandon. Si au travers de quelques incursions militaires, quelques califes tentèrent d’y ramener de l’ordre ; depuis l’ère des Ommeyades, personne n’y vient vraiment ou n’en sort. C’est de cet amoncellement de tribus dé-coalisées que va ainsi sortir au milieu du 18ème siècle grégorien celui qui entamera la marche que l’on connaît aujourd’hui : Muhammed ibn Saoud.

Membre d’une tribu déjà politiquement ancrée au Nejd, il va en quelques années réussir à réunir sous sa juridiction tout un territoire dont Diriyah devient la capitale. Mais il n’est pas seul. L’un des imams d’alors les plus connus et décriés, Muhammad ibn Abdel Wahhab, l’accompagne, profitant de la main qui lui est tendue pour étendre sa prédication. La suite, nous la connaissons, du moins nous en connaissons les diverses variantes. Les uns y voyant l’alliance diabolique de deux fanatiques sortis contre l’empire Ottoman ; les autres l’événement réintroduisant la parfaite unicité divine là où elle ne fut plus.

Quoiqu’il en soit, c’est à ce moment qu’un 1er essai de réunification du territoire sous l’égide des Saoud démarre. Au gré de combats et échanges, l’émirat se construit doucement en une puissance régionale certaine. La prédication de l’imam ibn Abdel Wahhab bat son plein, les traditions locales et croyances populaires s’en trouvant durablement touchées. De plus en plus d’imams répondent à l’appel quand d’autres déjà s’insurgent. Des débats naissent quant à la nature de son prêche. À Médine ou à La Mecque, on crie déjà au kharidjisme. Les villes arabes tombent une à une, ce plus particulièrement aux lendemains du décès de l’imam en 1206H (1792). S’assurant un pied-à-terre le long du Golfe Persique, ils en viennent à même disposer d’une flotte militaire. Tentant une approche au-dehors du Nejd, Médine est prise en 1805, incitant l’autorité califale et ottomane à sérieusement s’inquiéter. Imposant le statut de dhimmi aux chiites locaux, accusant ouvertement les autorités voisines de s’adonner au shirk, des missives sont envoyées par les Saoud aux cherifs, imams et juges voisins afin qu’ils délaissent ce que les nejdites considèrent comme autant d’hérésies.

Se taillant une réputation jusqu’en Europe, français et anglais s’en rapprochent, une alliance est espérée contre les Turcs. Des espions sont envoyés en leur sein, rapportant tout le rigorisme comme la réussite économique de cet émirat que personne n’avait vu venir. Mais l’espoir affiché par l’émir d’alors, Abdallah ibn Saoud, de s’en prendre aussi à l’Irak, le faisant se rapprocher du cœur ottoman, amène le calife à décider de militairement frapper fort et une bonne fois pour toute. L’Égypte de Mehmet Ali, qui sort d’un conflit armé avec les français menés par Napoléon est chargée de mener le front. Des milliers d’hommes sont envoyés en Arabie.

S’ouvrent en 1226H (1811) sept années de guerre contre la « secte wahhabiya ». De trahisons en défaites, les Saoud résistent mais perdent du terrain comme des hommes. Le glas sonne alors en 1233H (1818). Encerclé, après la mort de la plupart de ses hommes au combat dont des membres de la fameuse famille des al Cheikh, l’émir Abdallah ibn Saoud capitule sans conditions. Certains sont, sous les ordres d’Ibrahim Pacha, exécutés sur place, d’autres, dont les femmes et enfants, envoyés en Égypte vendus comme esclaves. Les vainqueurs vont alors véritablement piller l’Arabie. Diriyah est elle réduite à l’état de ruines, et ses savants mis à mort. Quant à l’émir Saoud et deux des siens, il sont envoyés à Istanbul afin d’y être décapités. L’ambassadeur de Russie, témoin des faits racontera la chose ainsi : « (…) leurs corps ont été exposés avec leurs têtes sous leurs aisselles. Après 3 jours, ils les ont jetés à la mer. Et sa majesté a ordonné la célébration d’une prière spéciale pour remercier Allah de cette victoire (…) et pour l’extermination de la secte qui avait dévasté La Mecque et Médine (…) »

Le 1er émirat saoudien écrasé dans le sang en 1233 de l’hégire (1818), l’administration égyptienne sous contrôle ottoman laissa quelques garnisons militaires un peu partout dans le Nejd, vaste région de l’est de l’Arabie. Mais très vite, les violences reprirent, observées de loin par des troupes turco-ottomanes trop occupées à razzier les populations et réduire à néant les vestiges du dit »wahhabisme ». Moins de 2 ans après l’exécution de l’émir Abdallah ibn Saoud, un certain Mishari, son plus jeune frère, fait alors son apparition et tente une révolte, cherchant à s’établir à Ryadh. Mais la révolte échoue, Mishary est fait prisonnier.

Le succès n’est rencontré qu’en 1239H (1824) lorsque Turki ibn Abdallah, petit fils de l’émir tué 6 ans plus tôt arrive enfin à bouter les égyptiens hors de Ryadh. De tout le Nejd comme du Qatar ou du Bahreïn arrive ou revienne bien des partisans de la prédication du défunt Muhammad ibn Abdel Wahhab. La reconquête des territoires à l’époque gagnés sous le 1er émirat démarre et en moins de 10 ans, c’est tout le littoral longeant le Golfe persique qui se soumet à l’autorité de Turki. Un second émirat est né. Mais peut-être par davantage de pragmatisme, le nouvel émir continue de reconnaître le calife ottoman, lui payant même un tribu, se gardant ainsi de tenter une approche hors du Nejd. En même temps, la famille Saoud est traversée par de nombreuses luttes interne. Les égyptiens vont alors en profiter pour mandater un cousin éloigné et ambitieux parmi les Saoud afin de reprendre Ryadh aux mains des »wahhabites ». L’émir Turki est alors assassiné, Ryadh est pénétrée par les vainqueurs, mais son fils, Faycal, ne tarde pas à leur reprendre la ville. Les égyptiens reviennent à la charge, avec encore un Saoud, et non des moindres puisque là il s’agit de Khalid, l’un des fils du 1er émir qui avait été à l’époque fait captif au Caire. Nous sommes en 1252H (1836), les égyptiens réinvestissent le Nejd et font Faycal prisonnier.

Mais l’Egypte a à faire ailleurs : elle est entrée en guerre contre l’Angleterre. Khalid se retrouve sans appui et fini par s’enfuir. Peu après, en 1259H (1843), Faycal s’échappant du Caire parvient à regagner sa terre natale et ses hommes, les armes sont levées, l’ordre est repris, et voilà le 2nd émirat brillant à nouveau de ses milles feux. 20 ans durant, le Nejd redevint la province rêvée des »wahhabites ». C’est l’époque de Hammad ibn Atiq ou encore d’Abdellatif ibn Abdarahman al Cheikh, éminents savants acquis à la cause de l’imam ibn Abdel Wahhab, et défenseurs d’un hanbalisme le plus strict. La shari’a était alors rigoureusement observée, au point où selon ces théologiens, il n’y avait d’autres endroits sur terre que l’on pouvait nominativement considérer comme »musulman » en dehors de leur Nejd. Un témoignage de cette Arabie nous est d’ailleurs dans les détails offert dans les écrits de l’anglais William Gifford Palgrave. Espion à la solde de Napoléon III, rencontrant même l’émir, il rapportera en « Une année dans l’Arabie centrale » tout le zèle religieux de ces hommes pas moins raffinés et intéressants. Mais les rivalités reprirent de plus belle une fois Faycal rendant la vie en 1282H (1865). Ses fils se firent aussitôt la guerre, l’un d’eux, Saoud de son prénom refusant de faire allégeance au prétendant Abdallah. Ce dernier finira par devoir déserter son trône, Saoud devenant le nouvel émir quelques années plus tard.

Les forces ottomanes avaient alors depuis profité de la situation pour s’investir d’autant plus dans le Nejd. Les savants locaux et »wahhabites » rivalisaient de traités et fatwas contre eux et tous ceux s’alliant avec. La présence des ottomans va alors un temps freiner les querelles intestines et inciter les habitants du Nejd à se léguer contre ces derniers, Abdallah réussissant à reprendre le pouvoir en 1293H (1876). Mais comme à n’en plus finir, Abdallah sera à nouveau évincer de son poste 8 ans plus tard, de par la main des fils de son frère Saoud. Abdallah doit alors s’allier à Muhammad ibn Abdallah al Rachid, émir de Shammar, l’autre émirat du Nejd né quelques années plus tôt. Ce dernier est à cette époque devenu l’homme puissant de la région, faisant d’ailleurs bien de l’ombre à la famille des Saoud. Sans surprise, il reprendra en peu de temps Ryadh à ces derniers, plaçant les Saoud restant sous tutelle, dont Abdallah. Ceux-ci tenteront bien quelques révoltes mais l’émirat des Saoud se meurt, lentement et sûrement… Il rend alors sans trop de sursauts l’âme en 1308H (1891).

Après le départ d’Abderahman abu Faycal en 1308 de l’hégire (1891) et la fin du second émirat saoudien, c’est tout un monde de savants et d’adeptes de la pensée »wahhabite » qui s’en était allé à l’étranger. Ce sont les al Rachid dominent alors le Nejd. Abdelaziz, jeune fils d’Abderahman, ne l’entendant pas de cette oreille part alors avec quelques hommes en armes, et réussit le pari de reprendre Ryadh. Pari réussi : la ville redevient bastion des Saoud en 1320H (1902). De nombreux savants reviennent alors de leur exil, dont l’illustre Sa’d ibn Hammad ibn Atiq.

Peu à peu, l’ensemble des oasis et villes de la région retombent sous leur autorité, les forces d’al Rachid comme celles des Turcs accumulant les défaites. La situation était tantôt ambiguë puisque certains parmi les al Rachid professaient une même vision de l’islam que leurs opposants. Les savants du Nejd, indéfectiblement liés aux Saoud, peinaient néanmoins à leur trouver d’excuses valables en ces temps. Selon un strict respect du concept de l’alliance et du désaveu, les fidèles d’al Rachid devaient se rallier à la cause saoudienne tout en se déliant d’avec les ottomans pensés comme apostats. Suleyman ibn Sahman, haut dignitaire de Ryadh déclarait en effet aux sujet de ces derniers, en pleine réforme et rapprochement idéologique d’avec l’Occident, qu’ils étaient »les plus infidèles des gens sur la Terre »…

Face à ça, le chérif de La Mecque va tenter le tout pour le tout et faire kidnapper le frère de l’émir saoudien. Il fallait reconnaître l’autorité ottomane et lui verser un tribut. Mais une simple démonstration de force des Saoud suffit à le libérer. Aussi, en 1329H (1911), l’émirat cherche à se doter d’une faction militaire plus performante encore. Est décidé alors de former une toute nouvelle génération à cela en se tournant vers les bédouins jusque là tenus éloignés. La tâche est confiée aux savants du Nejd de veiller à ce qu’ils se conforment à la pure tradition »hanbalo-wahhabite ». Eleveurs et travailleurs de la terre, ils deviendront étudiants et guerriers. En 1331H (1913), les apprentis prêts, ils entament leurs premières attaques avec succès. Leur nom : les Ikhwans. Les Turcs prennent alors la mesure de qui s’y passe, et après quelques escarmouches décident finalement de reconnaître l’émirat saoudien. Abdelaziz est même fait préfet du Nejd.

La 1ère guerre mondiale éclate. Approchés par les anglais, ennemis des Turcs, les Saoud décident de diplomatiquement se ranger de leur côté. Les Ottomans sautent sur l’occasion pour prouver au monde musulman toute la supercherie que serait leur entreprise. S’en prenant au Hedjaz, les Saoud tombent alors des nus : les anglais ont aussi pris pour allier le chérif de La Mecque Hussain ibn Ali. Lui aussi décidé à se révolter contre les Ottomans, les plans de l’émir Abdelaziz s’en trouvent complètement bouleversés. C’est à ce moment que le fameux Lawrence d’Arabie fait son apparition. Ce dernier s’associant à l’hachémite chérif de La Mecque autoproclamé »roi des Arabes », tout est fait de ce côté pour contrecarrer, secrètement, les plans des Saoud. Se rabattant contre les al Rachid, là aussi les Saoud se trouvent bloqués : venant de signer un traité de paix avec le chérif de La Mecque, attaquer les al Rachid revenait ainsi à s’en prendre à ce dernier, et donc, aux anglais.

Mais les anglais ne pouvaient tout contrôler, des combats avaient tout de même lieu. C’est ainsi que l’émirat concurrent de Shammar, gouverné par les al Rachid s’éteindra sous les lames des ikhwans en 1339H (1921). Abdelaziz est fait sultan du Nejd. Les Ottomans affaiblit au sortir de la guerre mondiale voient leur empire se morceler sous leurs yeux par les vainqueurs. Français et britanniques finissent par la même occasion par reconnaître officiellement le dit sultanat. Voyant l’émir saoudien apparemment se plier aux exigences anglaises, les ikhwans en viennent alors à douter de la légitimité de celui-ci. Ils décident alors de mener eux-mêmes des expéditions, parfois même en les nouveaux territoires dessinés par les accords de Sykes et Picot. L’émir Abdelaziz tente de les contenir, ceci en leur donnant l’occasion de s’en prendre à la ville de Ta’if : le chérif s’étant fait calife après l’abolition du califat ottoman par Attaturk, il avait alors décidé d’interdire l’entrée des nedjites au pélerinage de La Mecque. Les ikhwans s’y présenteront sans rencontrer de résistance. Le chérif-calife est déchu, le Hedjaz devient par là aussi terre des Saoud.

Mais les multiples accords signés entre Abdelaziz et les forces étrangères irritent de plus en plus les ikhwans. Après 1346H (1928), la sédition s’affirme et les premiers combats s’engagent entre ikhwans et forces saoudiennes. Abdelaziz, conseillé par les savants lui étant proche, tentera bien des pourparlers, mais rien n’y fait. L’un des plus grands doctes du Nejd de l’époque, Abd Allah al Anqary ira même les sermonner rappelant toute l’importance qu’il y avait à s’unir autour d’un chef commun, et de respecter règles et contexte dans l’appel au Jihad. Mais l’appel n’est que peu entendu, les combats reprenant très vite. Aidé par l’artillerie lourde fournit par les anglais, l’émir Abdelaziz les fait peu à peu plier, jusqu’à en arrêter les principaux chefs. Sous les appels répétés des savants du Nejd acquis à la cause de l’émir, le reste des ikhwans finit par abdiquer et à la surprise de tous, intégrer l’armée officielle. Plus aucune contestation ne se profile.

En septembre 1932 (1351H), Abdelaziz fait un pas supplémentaire et prend le titre de roi. Le 3ème émirat tire sa révérence, l’Arabie toute entière se fait saoudienne le 23 de ce mois. Le royaume d’Arabie saoudite était née.

Renaud K.




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