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Michel Vâlsan - Sur la notion de Khalwa et Sur l’abandon de la Khalwa

 
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abdelrahmane
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MessagePosté le: Mar 21 Nov - 08:38 (2017)    Sujet du message: Michel Vâlsan - Sur la notion de Khalwa et Sur l’abandon de la Khalwa Répondre en citant

Michel Vâlsan - Sur la notion de Khalwa et Sur l’abandon de la Khalwa (Chap. 78 et 79 des Futûhât)

Michel Valsan mare

SUR LA NOTION DE KHALWAH

(Le Vide primordial et la Retraite cellulaire)

Le Cheikh al-Akbar Ibn Arabî : FUTÛHAT, chap.78 (*).



Traduit de l’Arabe et annoté par Michel Vâlsan,

Etudes Traditionnelles, 1969.



Vers :

Je me suis retiré avec Celui que j'aime passionnément et il n'y avait pas un autre que nous, car s'il y avait eu un autre que moi, la retraite n'en aurait pas été une.

Quand j'eus imposé à mon âme les règles de son isolement, les âmes des créatures en foule devinrent ses esclaves !
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Mais s'il n'y avait pas en elle un Autre qu'elle-même, mon âme aurait fait don de soi à Celui qui la comble de Ses dons.



*

* *



Sache – qu'Allah nous assiste de Sa grâce – que le fondement légal de la Khalwah se trouve dans les paroles suivantes d'Allah (hadith) : « Celui qui Me mentionne en son âme (ou soi-même), Je le mentionne en Mon Ame (ou Moi-Même), et celui qui Me mentionne dans une assemblée, Je le mentionne dans une Assemblée meilleure que la sienne ». Ceci est un hadith divin sûr, qui renferme les notions de khalwah (retraite) et jilwah (sortie à jour) (1).



Le fondement (verbal et intellectuel) de la Khalwah est le Khalâ (mot de la même racine), le Vide, dans lequel fut existencié le monde.



Vers :

« Celui qui est entré en retraite (khalâ) et n'a pas trouvé, ne s'est pas vraiment retiré. La Khalwah est une voie dont la loi est l'épreuve ».



L'Envoyé d'Allah – qu'Allah lui accorde Ses grâces unitives et pacifiques – a dit : « Allah était, et rien n'était avec lui » (Kâna-Llâhu wa lâ chay'a ma'a-Hu).



D'autre part, quand on lui demande : « Où était notre Seigneur avant qu'Il ne fasse sa Création ? » (Ayna kâna Rabbu-nâ qabla an yakhluqa khalqa-Hu), il répondit : « Il était dans une Ténèbre (Amâ') au-dessus et en dessous de laquelle il n'y avait pas d'espace ». Ensuite il fit les créatures, prononça la Sentence, opéra des choses, alors qu'« Il est chaque jour à une œuvre » (Cor. 55, 29) (2) et opérera toujours des choses, en peuplant les demeures cosmiques avec les êtres qui leur conviennent.



La Khalwah (en tant que Vide primordial) est la plus haute station spirituelle ; elle est la demeure qu'habite l'Homme par excellence (al-Insân). Celui-ci la remplit de son être, en sorte que rien d'autre n'y est contenu : telle est la Khalwah. Le rapport entre l'Homme et celle-ci est celui entre Dieu (al-Haqq) et « le Cœur du serviteur qui contient Dieu » (3) et où rien d'autre n'entre, sous aucun aspect propre aux réalités cosmiques, de sorte que le Cœur étant vide (khâlî) de toute réalité cosmique, Dieu s'y manifeste par son Etre.



Le rapport que le Cœur a avec Dieu repose sur ceci qu'il est fait selon la Forme de Dieu (4) et que rien ne peut le remplir sauf Lui.



(*) La traduction est faite par collation de deux éditions : celle de Bûlâq (Le Caire, 1269/1853) et celle de la Dâru-l-kutubi-l-arabiyah-l-kubrâ (Le Caire, 1329/1911), laquelle apparaît comme moins correcte que l'autre.

(1) Celle-ci, contraire de la première, fait l'objet du chap.79 traduit également ci-après.

(2) Cf. Cor. 55, 39 : « Nous Nous occuperons de vous, ô les deux espèces d'être doués de pesanteur (les djinns et les hommes) ».

(3) Cf. le hadith qudsî : « Mon Ciel et Ma Terre ne peuvent Me contenir, mais le cœur de Mon serviteur croyant Me contient ».

(4) Cf. le hadith qui sera cité plus loin dans le texte : « En vérité, Allah a créé Adam selon Sa Forme ». Sont sous-entendus les équations suivantes : le Cœur = le Vide (la Khalwah) – l'Homme qui l'habite = Adam, Vicaire d'Allah.



Le fondement de la Khalwah cosmique est le Vide (al-Khâla) que le Monde remplit. La première chose qui vint remplir ce Vide fut la Poussière (al-Habâ, c'est-à-dire la Hayûlâ, la Matière Primordiale), substance obscure qui occupa le Vide. Dieu se révéla (tajallâ) à cette substance par Son nom de « Lumière » (an-Nûr) et la substance en reçut la teinte, de sorte que le règne de l'obscurité, qui est la non-existence (al-'adam) cessa ; cette substance se qualifia alors par l'existence (al-wûjûd) et devint manifeste à elle-même par la vertu de cette Lumière dont elle reçut la teinte. Sa manifestation par cette Lumière fut sous la Forme de l'Homme. C'est pourquoi les Gens d'Allah appellent cette manifestation le Grand Homme (al-Insân al-Kabîr), alors que son « résumé » (mukhtaçar) fut appelé le petit Homme (al-Insân aç-Çaghîr). Dans ce dernier, Allah a mis toutes les réalités (haqâîq) du Macroscome (al-Alam al-Kabîr), de sorte que l'Homme est sorti selon la forme du Monde malgré la petitesse de son corps. Le Monde étant selon la Forme de Dieu, ce qui est affirmé en outre par le hadith : « En vérité, Allah a créé Adam selon Sa Forme » (Inna-Llâha khalaqa Adama 'alâ Çûrati-Hi).



La chose étant ainsi que nous venons de l'établir, Allah – qu'Il soit exalté – a dit : « La création des Cieux et de la Terre est plus grande que la création des hommes, mais la plupart des hommes ne le savent pas (Cor. 40, 57). Cependant un petit nombre le savent (4bis).



L'Homme est un microcosme et le Macrocosme est un Grand Homme.



Ensuite furent écloses dans le Monde les formes constitutives des Sphères célestes (al-Aflâk), des Éléments (al-Anâcir) et des Règnes naturels (al-Muwalladât), et l'Homme fut le dernier produit (muwallad) dans le Monde. Allah l'a existencié totalisateur des réalités essentielles (haqâîq) du Monde entier, et l'y institua Vicaire (Khalîfah). Il lui conféra la puissance (quwwah) de toute forme existant dans le Monde.



Cette substance de poussière (al-jawhar al-habâî) teintée de lumière, c'est l'Ample (l'Elément Simple, al-Basît) ; la manifestation des formes du Monde dans cette substance est le Terme Moyen (al-Wasît) et l'Homme Universel (al-Insân al-Kâmil) est le Concis (Al Wajîz).



(4bis) Il s'agit dans ce verset de l'importance cosmologique des causes supérieures (Cieux) et inférieurs (Terre) qui président à l'existenciation de l'homme, car dans la conscience traditionnelle générale l'homme est supérieur à toute la création, et la plupart des hommes comprennent cela comme s'appliquant à tout être de l'espèce humaine, alors que cela ne peut être vrai que de l'Homme Universel.



Allah – qu'Il soit exalté – a dit : « Nous leur ferons voir Nos Signes (Ayât) dans les horizons et dans leurs propres âmes... » (Cor. 41, 53) (5), c'est-à-dire afin qu'ils sachent que l'Homme est un monde concis (âlam wajîz) extrait du macrocosme et enveloppant les Signes qui se trouvent dans celui-ci. Ainsi les premières choses qui sont dévoilées au pratiquant de la khalwah (méthodique, cellulaire) sont les Signes du Monde avant les Signes de son âme, car le Monde est antérieur à l'âme. C'est pour cela qu'Allah – qu'Il soit exalté – a dit en premier lieu : « Nous leurs ferons voir les Signes dans les horizons... ». Ensuite seulement Il lui montrera dans son âme les mêmes Signes vus dans le Monde ; car si l'homme voyait tout d'abord ces Signes dans son âme et ensuite dans le Monde, il pourrait s'imaginer qu'il se voit lui-même dans le Monde. Allah prévint cette illusion en mettant en premier lieu la vue des Signes dans le Monde, conformément à l'ordre de production des choses, le Monde étant plus ancien que l'Homme. Comment ne le serait-il pas alors qu'il est son père ?



La vision de ces Signes qui résident dans les horizons et dans son âme démontre à l'Homme « qu'Il est le Vrai (al-Haqq) » (6) et non pas autre que lui ; et cette chose « lui devient évidente ». Les Signes sont les preuves pour lui qu'il est le Vrai apparaissant dans les manifestations des êtres du Monde. Le compagnon de cette khalwah ne cherchera pas autre chose, car il ne reste rien d'autre à part cela. C'est pourquoi Allah – qu'Il soit exalté – complète l'enseignement (du verset précédent) en disant : « Ne te suffit-il pas que ton Seigneur soit sur toute chose » – d'entre les êtres du Monde – « Témoin ? » (Cor. 41, 54) de l’épiphanie (at-tajallî) et de la manifestation (azh-zhuhûr) dans le Monde. Or le Monde n'a pas le pouvoir de repousser celui qui se manifeste en lui, ni de refuser d'être « lieu de manifestation » (mazhhar), disposition qu'on désigne par le terme de « potentialité » (imkân). D’ailleurs si la réalité essentielle du Monde n’était pas la « potentialité », il n'aurait pu recevoir la Lumière qui est l'apparition du Vrai en lui, « ce Vrai qui devient évident » à l'Homme par les Signes. Ensuite Allah – qu'Il soit exalté – conclut par les paroles : « En vérité, Il est de toute chose » – du Monde – « l'Enveloppant » (Cor. 41, 54). L'enveloppement d'une chose a pour effet de couvrir cette chose et de ce fait celui qui est Apparent (azh-Zhâhîr) c'est l'Enveloppant (al-Muhît) (6bis). Celui-ci empêche donc que la chose apparaisse. Ainsi, la chose – qui est ici le Monde – se trouve dans l'Enveloppant comme l'esprit pour le corps, et l'Enveloppant est pour la « chose » comme le corps pour l'esprit. L'un est manifestation (chahâdah) : c'est l'Enveloppant Apparent, l'autre est non-manifestation (ghayb) : c'est l'occulté dans l'enveloppe, c'est-à-dire le Monde même. Or, du fait que le qualifié par l'état de non-manifestation à l'autorité sur l'Apparent, qui est la manifestation, et du fait que les êtres des « chosetés » du Monde, suivant les prédispositions qu'ils ont en eux-mêmes, exercent leur autorité sur Celui qui paraît en eux, d'après ce que leur confèrent leur réalités propres, c'est leurs formes qui paraissent donc dans l'Enveloppant, qui est le Vrai. On dit ainsi : « Trône » (Arch), « Escabeau » (Kursî), « Sphères planétaires » (Aflâk), « Royaumes (Amlâk), « Eléments » (Anâçir), « Règnes naturels » (Muwalladât), « états accidents » (ahwâlû taarudin), et au fond, il n'y a qu'Allah, le Vrai, du fait que c'est lui l'Enveloppant, comme la cellule pour le compagnon de la khalwah : on cherche celui qui se tient en khalwah et on le trouve pas, car la cellule le voile ; on n'en connaît que la place, et sa place (makân) témoigne de sa stabilité (makânah).



(5) Le passage coranique complet dont il sera question ici est le suivant (Cor. 41, 53-54) : « Nous leur ferons voir Nos Signes dans les horizons et dans leurs propres âmes jusqu'à ce que leur devient évident qu'il est le Vrai (al-Haqq).

« Ne te suffit-il pas que ton Seigneur soit sur toute autre chose Témoin ?

« Ne sont-ils pas, en vérité, dans un doute sur la rencontre de leur Seigneur, et n'est-il pas, en vérité, de toute chose l'Enveloppant ? ».

(6) On remarquera que selon l'explication du Cheikh al-Akbar le sujet (« il ») dans ce fragment de verset est l'Homme, alors que l'acception courante, exotérique, ce sujet est Allah.

(6bis) Al-Muhît et azh Zhâhir comme al-Haqq sont des noms divins.



Je t'ai exposé ainsi cependant le rang de la Khalwah (principielle) que nous avons en vue dans ce livre (les Futûhât), non pas la khalwah connue chez les gens qui pratiquent les retraites cellulaires.



Ses degrés (darajât) sont au nombre de 1067 (7) ; ainsi dans ces degrés, apparaît la « forme de l'Imparité » (çuratu-l-Witriyyah) (8).



Si le Vide n'est habité que par le Monde, le Monde se trouve en khalwah avec lui-même. Tel est son fondement. Ensuite, quand il se fut teint de la Lumière, il devint en khalwah avec son Seigneur et resta ainsi pour toujours, sans condition de temps, ni pour une « quarantaine » (9), ni pour une autre durée.



Quand le Connaissant (al-Arif) connaît ce que nous venons de dire, il sait qu'il est en khalwah par son Seigneur et non par soi-même. Alors, en regardant du point de vue de l'influence qu'il exerce sur Celui qui, par la forme par laquelle Il Se Manifeste, l'enveloppe, il voit l'Enveloppant Lui-Même par Lui-même, et regardant du point de vue la nombrabilité des entités existantes (a'yân) il voit de lui par lui que toute entité est différente de sa voisine. C'est pour cela d'ailleurs que les formes du Monde varient, bien qu'elles soient (en réalité) une seule, tout comme la forme de l'homme change en lui-même, alors que l'homme est un : la main de l'homme n'est pas son pied, sa tête n'est pas sa poitrine, son œil n'est pas son oreille, ni sa langue, et son intelligence n'est pas sa réflexion, ni son imagination. L'homme est un être diversifié et multiplié par des formes sensibles et intelligibles, et néanmoins on dit qu'il est un, et on dit vrai et on dit aussi qu'il est multitude, et on dit encore vrai. Sous le rapport de sa multiplicité, il voit quelque chose de lui par quelque (autre) chose de lui ; il parle par sa langue, il prend avec sa main, il marche avec son pied, il aspire par son nez, il entend avec son oreille, il regarde avec son œil, il imagine avec son imagination, il comprend avec son intelligence, et tout cela est multiplicité de choses, alors que l'homme est un seul.



Celui qui a réalisé cette science ainsi que nous l'avons précisée est compagnon de la Khalwah, et celui qui en est privé, n’est pas compagnon de celle-ci.



Il t'est devenu ainsi clair que le Vrai est par le Monde et que le Monde est par le Vrai, et que l'Ipséité (Huwwiyah) du Vrai est l'essence de l'ensemble (le Monde et le vrai), de même que l'ensemble est l'Homme en tant que constitué de non-manifesté et de manifesté, d'attribut de parole et d'animalité, étant donc unique dans la multiplicité et multiple dans l'unité.



La Khalwah (spirituelle) est une des « stations » qui peuvent être possédées dans ce monde et dans l'autre pour l'éternité. Elle ne cesse jamais pour celui qui l'a obtenue, car elle ne s'efface plus une fois qu'elle est apparue.



Quant à la Khalwah (méthodique) connue ordinairement, celle-ci n'est pas une « station » (maqâm) et ne convient qu'à l'être voilé (al-mahjûb) ; elle ne convient pas aux hommes qui possèdent le dévoilement (ahlu-l-kachf), car ceux-ci contemplent les esprits supérieurs et les esprits ignés, et voient les êtres perçus parler aux entités constitutives de leur personne ainsi qu'aux entités qui se trouvent dans la chambre de leur khalwah : un homme de cette catégorie est donc toujours « en société », et tel est bien du reste l'état des choses en fait (qu'on en ait conscience ou non).



Mais quand Allah enlève ces perceptions (initiatiques) (9bis) de sa vue sensible (baçar) et que celui-ci distingue (comme à l'ordinaire) entre animaux, êtres inanimés et anges (10), entre êtres muets et êtres parlants, entre êtres immobiles et êtres mobiles, il faut qu'il s'isole avec son Seigneur, pour que nulle parole ou mouvement d'un être ne le distraie de son Seigneur.



(7) Conformément à la valeur numérale des lettres qui composent le mot al-Khalwat, où la dernière lettre, la tâ marbûtah, est prise avec la valeur d'un tâ ordinaire (= 400), au lieu de la valeur d'un hâ (= 5), dont il a cependant la forme graphique (surmontée toutefois ici des deux points d'un tâ)

(8) S'agit-il seulement du fait que le nombre 1067 est impair ?

(9) Allusion aux retraites typiques de 40 jours.

(9bis) Cela peut être l'effet d'une prière de la part de l'être qui a le dévoilement (Kachf) et qui ne veut plus en jouir, afin d'avoir plus de solitude avec soi-même.

(10) La mention des « anges » ne doit pas étonner car ceux-ci peuvent se manifester à un saint qui n'a pas le dévoilement au degré sensible (kachf) dont il est question.



Il y a ainsi parmi les hommes celui qui cherche la retraite pour obtenir « un accroissement de Science » au sujet d'Allah de la part d'Allah, non pas de sa spéculation et de sa réflexion. Cela constitue le but le plus parfait, car c'est ce qui est prescrit, et l'acte accompli sur la base d'une prescription divine constitue l'extrême perfection du serviteur ; et à celui-ci Allah ordonne : « Dis, mon Seigneur, donne-moi plus de science » (Cor. 20, 114).



Celui qui parle dans sa khalwah en soi-même avec quelqu'un des êtres n'est pas en khalwa. Quelqu'un disait à un pratiquant de la retraite : « Mentionne-moi auprès de ton Seigneur dans ta retraite ». Celui-ci lui répondit : « Si je te mentionnais, je ne serais plus avec Lui en retraite ». Par cela tu comprendre la parole d'Allah – qu'Il soit exalté – « Je suis Compagnon de séance de celui qui Me Mentionne », car l'homme de ne Le Mentionne pas sans actualiser le Mentionné (al-Madhkûr) dans son âme. Si le Mentionné possède une « forme », il L'actualise dans son imagination (khayâl), s'Il n'est pas du monde des formes ou s'Il n'a pas de forme, Il est actualité par la faculté de mémoire intellectuelle (al-quwwah adh-dhâkirah), car cette faculté fixe les idées (al-maânî) pendant que la faculté imaginative (al-quwwah al-mutakhayyilah) fixe les images (al-muthul) apportées par les sens, ou celles inhabituelles constituées par la faculté formatrice (al-quwwah al-muçawwirah) qui tire ses éléments de l'expérience sensible, car en mode nécessaire celle-ci ne peut travailler qu'avec des éléments acquis par voie sensible sans laquelle elle ne peut agir.



Une des règles de la Khalwah dans cette Voie est l'invocation intérieure (adh-dhikr an-nafsî) au lieu de l'invocation prononcée (adh-dhikr al-lafzî).



(Toutefois) le commencement de la retraite se fait avec l'invocation imaginative (adh-dhikru-l-khavâli) qui consiste à se représenter la parole du dhikr comme composée de lettres écrites et articulées que l'imagination retient par voie auditive ou visuelle. On récite ainsi la parole sans monter à l'invocation intelligible (adh-dhikr al-ma'nawî) qui est dépourvue de « forme » et qui est l'invocation du cœur (dhikru-l-qalb).



C'est de l'invocation du cœur qu'on perce vers le but poursuivi et vers l'accroissement de science. Par la science obtenue ainsi on connaît quel est le rôle des images qui lui ont été présentées et produites par les sens dans son imagination, en sommeil (nawm) ou en veille (yaqzhah), en évanouissement (ghaybah) ou en extinction (fana') et qu'il comprend ce qu'il voit : cela est la science de l'interprétation des songes (at-ta'bîru li-r-ru'yâ).



Un autre cas de pratique de la Khalwah est constitué par ceux qui entrent en retraite pour rendre pure leur réflexion (li-çafâi-l-fikr) et jouir d'une spéculation sûre sur les questions de science dont ils cherchent la solution. Ce cas est celui de ceux qui puisent leur science dans leurs réflexions, et qui pratiquent la retraite pour s'assurer de ce qu'ils veulent atteindre, quand cela leur apparaît dans la balance de la logique ; cette balance est très sensible, le moindre courant, le moindre courant d'air affecte et lui produit un déséquilibre : alors ceux-ci entrent en khalwah et bouchent les ouvertures par où passe l'air afin que nul mouvement n'influe sur la balance et n'altère la qualité du but recherché. Une telle khalwah n'est pas pratiquée par les Gens d'Allah (Ahlu-Llâh), car ceux-ci ne font la retraite qu'avec le dhikr. La pensée réflexive (al-fikr) n'a aucun pouvoir sur eux et ne saurait les affecter. Si la réflexion accompagne quelqu'un de cette catégorie dans sa Khalwah, celui-ci doit en sortir, en sachant qu'il n'est pas désiré pour cela, et qu'il ne fait pas partie des Gens de la Science Divine Sûre, car si Allah le désirait pour la Science provenant du Flux Divin (al-Fayd al-ilâhî), Il l'aurait détaché de sa pensée réflexive.



D'autres gens entrent en khalwah du fait qu'ils sont accablés par la société, oppressés par la vue du monde, et même de leur famille, gênés par le mouvement ; désirant la tranquillité, ils se réfugient alors dans la retraite.



D'autres enfin s'attachent à la khalwah pour les délectations qu'ils y trouvent.



Tout cela sont des choses bien faibles qui ne confèrent aucune station spirituelle (maqâm), ni rang initiatique (rutbah).



Le compagnon de la Khalwah (initiatique) n'attendra ni événement (wârid), ni forme (çurah), ni vision (chuhûd) ; il n'aspirera qu'à une « science de son Seigneur ». Celle-ci lui sera donnée une fois sans support matériel, une autre fois avec un tel support et en ce dernier cas, la science sera la signification de la matière respective (10bis).



La Khalwah a ses exigences et son compagnon doit en rendre compte. Elle est le voile le plus proche. Cette khalwah est pure relation (réalité conceptuelle) (nisbah), elle n'est pas une station (maqâm) : je parle ainsi de la khalwah ordinaire des initiés non pas de celle (principielle) qui est un maqâm et dont nous avons traité au début de ce chapitre. Cette khalwah (méthodique), bien qu'elle ne soit pas un maqâm, procure à celui qui la pratique avec le dhikr, des maqâmât qui embrassent les mondes sensibles (al-Mulk), informel (al-Malakût) et subtil (al-Jabarût) ; c'est, parmi les catégories initiatiques des Arifûn (les Connaissants) et des Malâmiyah (les Gens du Blâme), le cas des Udabâ Arbâbu-l-Mawâqif (Les Polis, Maîtres observant les limites entre deux stations). Quant aux Ahlu-l-Wiçal wa-l-Uns (les Gens de l'Union et de l'Intimité) d'entre les Arifûn et les Malâmiyah, ils ne voient pas ces stations comme pénétrant dans le Malakût, mais comme limitées au domaine du Jabarût (11) et du Mulk, sauf que ces stations sont proches du Malakût dont elles ne sont séparées que par deux degrés (darajatâni).



Les Polis observateurs des limites (al-Udabâu-l-Wâqifûn) d'entre les Gens du Blâme voient ces stations comme ayant 641 degrés (12). Les Connaissants (al-Arifûn) d'entre les Gens de l'Intimité (Ahlu-l-Uns) les voient ayant 1067 degrés (13). Les Polis d'entre les Connaissants observateurs les limites les voient avec 667 degrés (14), et les Gens du Blâme d'entre les Gens de l'Intimité et de l'Union les voient en ayant 1036 (15).



(10bis) Il s'agit surtout des sciences « données » sous forme de breuvages initiatiques.

(11) Chez ceux-ci, on a le tâ, qui est du domaine du Jabarût, à la place du hâ qui est du domaine du Malakût.

(12) Conformément à la valeur numérique du mot Khalwah pris sans l'article et avec le hâ compté.

(13) Valeur du mot al-khalwat.

(14) Valeur numérique du mot al-khalwa avec l'article et sans la lettre finale (résorbée comme dans le parler populaire).

(15) Valeur numérique du mot khalwat sans l'article.



Traduit de l'arabe et annoté

par M. Vâlsan


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MessagePosté le: Mar 21 Nov - 08:38 (2017)    Sujet du message: Publicité

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